Sommaire

L’édito

Avant de reprendre le cours de la vie de la commune, ayons une pensée pour les familles qui ont tout perdu dans les incendies de cet été : 220 000 personnes évacuées dans l’urgence en Gironde, dont certains·e·s deviennent les premier·e·s réfugiés·e·s climatiques de France. Même Aixe sur Vienne a connu son incendie ! Heureusement, grâce à l’intervention rapide des agriculteurs et des pompiers, les dommages ont été limités. En espérant que vous avez vous-même traversé ces périodes caniculaires dans des conditions acceptables, cela doit orienter nos choix stratégiques et politiques pour anticiper ce genre d’évènements. C’est dans cet esprit que nous avons proposé, lors du conseil municipal de juillet, de mener une réflexion collective sur la manière de créer des îlots de fraîcheur en centre-ville, et ainsi anticiper les prochaines périodes caniculaires, qui se reproduiront avec certitude en 2027.
Nous avons par ailleurs validé le budget des subventions aux associations qui, même si notre souhait de l’augmenter de 25 % n’a pas été accepté, permet aux associations de mener à bien leur activité et leurs projets, dans un souci d’équité de répartition. C’est déjà ça.
Vous pouvez voir l’ensemble de nos propositions dans les PV de séances du conseil municipal, sur le site de la mairie, et ainsi constater la manière dont elles sont accueillies1.
En revanche, toutes nos démarches ont été vaines pour maintenir l’activité violon à la rentrée à l’école de musique. En effet, au nom d’un hypothétique rapprochement à moyen terme avec l’école de musique de Couzeix, l’équipe municipale est restée inflexible, et a décidé en catimini de tuer l’activité violon à l’école de musique. La culture n’en sort pas grandie !
C’est peut-être pour cette raison que la municipalité n’a pas organisé la fête de la musique cette année. Dans ce contexte, malgré un délai contraint et des conditions caniculaires, l’association Ensemble pour Aixe a offert aux Aixoises et Aixois un programme festif et varié, en toute sécurité, permettant ainsi de renouer avec l’esprit originel de la fête de la musique. Grâce à votre présence et aux nombreux artistes, partenaires et bénévoles, cette journée fut un succès ! Rendez-vous en 2027 !
Et si vous deveniez vous-même (réd) acteur·rice des prochains numéros ? Pour cela, contactez-nous et faites-nous part des sujets que vous voudriez voir traités dans ce journal.
Ce journal est le vôtre, faites le vivre !

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  1. Le procès-verbal du Conseil municipal du 6 juillet n’est pas encore publié à ce jour. 

Beaubonnat : ni forêt, ni urbaine

urbanisme écologie fôret changement climatique

Forêt urbaine de Beaubonnat
Depuis 2023, une forêt urbaine a été implantée à Beaubonnat. Présentée comme un symbole de la transition écologique, elle pose pourtant une question essentielle : est-elle vraiment au bon endroit ? Pourquoi avoir choisi un secteur en périphérie de la ville plutôt que des espaces urbains fortement exposés aux îlots de chaleur, où les habitants auraient pu bénéficier directement de ses effets ? Une forêt urbaine doit avant tout améliorer le quotidien des citoyens. Son emplacement doit répondre aux besoins réels du territoire, pas seulement afficher une ambition écologique. Nous demandons également un bilan transparent : quel a été le coût de cette opération ? Quel sera le coût de son entretien dans les années à venir ? Les essences choisies sont-elles réellement adaptées aux enjeux climatiques locaux ?
La transition écologique mérite mieux que des effets d’annonce. Elle doit s’appuyer sur des choix cohérents, efficaces et utiles aux habitants.

Forêt urbaine à Aixe-sur-Vienne : préparer aujourd’hui la commune au climat de demain

À Aixe-sur-Vienne, parler de forêt urbaine ne relève ni d’un effet de mode, ni d’une simple opération d’embellissement. C’est une question d’adaptation concrète au changement climatique, de santé publique, de qualité de vie et de gestion responsable de nos espaces communs.
Les données locales disponibles invitent à prendre ce sujet au sérieux. Le document Climadiag Commune de Météo-France consacré à Aixe-sur-Vienne, daté du 17 avril 2025, présente les projections climatiques à l’horizon 2050 dans le cadre d’une France à +2,7 °C. Cet outil s’inscrit dans la Trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique, qui prévoit pour la France hexagonale et la Corse +2 °C en 2030, +2,7 °C en 2050 et +4 °C en 2100.
Ces chiffres ne doivent pas être lus comme une prévision figée au degré près, mais comme une indication sérieuse de la direction à prendre : notre commune devra vivre avec des épisodes de chaleur plus fréquents, des sols plus secs en période estivale et automnale, et des risques naturels à intégrer davantage dans les choix d’aménagement.

Un climat local qui change déjà notre manière d’aménager

Pour Aixe-sur-Vienne, Climadiag indique notamment une hausse de la température moyenne estivale, avec une médiane projetée à 22,1 °C à l’horizon 2050 contre 19,2 °C sur la période de référence 1976-2005. Le nombre annuel de jours très chauds, au-dessus de 35 °C, passerait d’environ 1 jour à 9 jours. Les nuits chaudes, durant lesquelles la température ne descend pas sous les 20 °C, passeraient de 3 à 19 par an. Les jours en vague de chaleur passeraient quant à eux de 2 à 18 par an.
Ces données sont importantes, car la chaleur ne se résume pas à un inconfort ponctuel. Les nuits chaudes, en particulier, empêchent les organismes de récupérer. Elles touchent plus fortement les personnes âgées, les enfants, les personnes malades, les travailleurs exposés et les habitants vivant dans des logements mal isolés ou dans des secteurs très minéralisés.
Dans ce contexte, l’ombre devient un véritable équipement public. Un arbre en ville n’est pas seulement un élément décoratif : il protège les cheminements piétons, rend les places plus supportables, améliore le confort d’été et participe à réduire les effets d’îlot de chaleur. L’ADEME rappelle que la végétalisation est une solution efficace pour rafraîchir les villes et villages, lutter contre les îlots de chaleur, préserver la biodiversité et améliorer le bien-être des habitants.

La forêt urbaine : une réponse utile, mais pas magique

Il serait excessif de prétendre qu’une forêt urbaine, à elle seule, réglerait tous les effets du changement climatique. Ce ne serait ni scientifiquement exact, ni responsable. En revanche, elle peut constituer un levier concret d’adaptation si elle est pensée sérieusement.
Une forêt urbaine utile doit répondre à plusieurs objectifs : créer des zones d’ombre, limiter les surfaces minérales, favoriser l’infiltration de l’eau, renforcer la biodiversité, améliorer les continuités écologiques et offrir aux habitants des espaces de fraîcheur accessibles.
Le Cerema rappelle que la présence de végétation joue un rôle important dans le rafraîchissement urbain, notamment grâce à l’ombre portée et aux mécanismes naturels liés au végétal. Il recommande aussi, pour agir contre les îlots de chaleur, de renforcer la présence de nature et d’eau dans les projets d’aménagement, d’adapter la conception des espaces et de prendre en compte les usages réels des habitants.
Autrement dit, planter des arbres ne suffit pas. Il faut planter au bon endroit, dans de bonnes conditions, avec des essences adaptées au climat futur, des sols capables d’accueillir le vivant, et un suivi dans la durée.

Des sols plus secs : planter, oui, mais planter intelligemment

Le document Climadiag consacré à Aixe-sur-Vienne indique une forte progression du nombre de jours avec sol sec. En été, la médiane projetée atteint 77 jours contre 52 jours sur la période de référence. En automne, elle atteint 69 jours contre 42 jours.
Cette évolution impose de sortir d’une logique de plantation symbolique. Un arbre planté dans une fosse trop petite, entouré de bitume, sans protection ni suivi, risque de dépérir rapidement. À l’inverse, une stratégie efficace suppose de préserver d’abord les arbres existants, de désimperméabiliser les sols lorsque c’est possible, de privilégier les plantations en pleine terre, de choisir des essences adaptées aux épisodes de chaleur et de sécheresse, et d’organiser un entretien réaliste.
La forêt urbaine doit donc être pensée comme une politique publique de long terme, et non comme une opération ponctuelle de communication.

Un enjeu aussi lié à l’eau et aux inondations

Aixe-sur-Vienne est également identifiée dans le document Climadiag comme une commune exposée à des risques naturels, notamment les inondations et le feu de forêt. Le même document rappelle qu’une augmentation, même faible, des fortes précipitations peut aggraver le risque d’inondation par ruissellement.
C’est un point essentiel : une forêt urbaine ne doit pas être pensée uniquement sous l’angle de la chaleur. Elle doit aussi participer à une meilleure gestion de l’eau. Des sols vivants, perméables et végétalisés permettent de ralentir le ruissellement, de favoriser l’infiltration, de limiter certaines accumulations d’eau en surface et de restaurer une partie du cycle naturel de l’eau.
Le Cerema souligne que la désimperméabilisation et la renaturation des sols urbains contribuent à réduire le ruissellement, favorisent la biodiversité et participent à la réduction des îlots de chaleur.
À Aixe-sur-Vienne, cette approche est particulièrement pertinente : il ne s’agit pas seulement d’ajouter du vert, mais de mieux aménager les sols, les places, les parkings, les abords d’équipements publics, les cheminements et les secteurs exposés à la chaleur ou au ruissellement.

Le risque feu de végétation doit être intégré dès le départ

Le sujet mérite aussi d’être abordé avec sérieux : Climadiag indique une hausse du nombre de jours avec risque significatif de feu de végétation, avec une médiane projetée à 12 jours à l’horizon 2050 contre 1 jour sur la période de référence. Le document précise également que Géorisques identifie une vulnérabilité aux feux de forêt pour la commune.
Cela ne signifie pas qu’il ne faut pas planter. Cela signifie qu’il faut planter avec méthode. Une forêt urbaine adaptée au climat futur doit tenir compte de la sécheresse, de l’entretien, des continuités végétales, du choix des essences, de la gestion des sous-bois, des distances avec certains bâtiments et des accès nécessaires à la sécurité.
L’objectif n’est donc pas de créer une masse végétale abandonnée à elle-même, mais un réseau d’espaces arborés, entretenus, diversifiés et intégrés à l’aménagement communal.

Pour une stratégie communale lisible et mesurable

La forêt urbaine peut devenir un projet fédérateur pour Aixe-sur-Vienne si elle s’appuie sur une méthode claire. Elle devrait commencer par un diagnostic des secteurs les plus exposés : places minérales, parkings, abords d’écoles, cheminements piétons, arrêts de bus, équipements sportifs, zones d’attente, quartiers avec peu d’ombre, espaces publics très exposés au soleil.
À partir de ce diagnostic, plusieurs priorités peuvent être définies :

  1. Préserver les arbres existants avant d’en planter de nouveaux ;
  2. Désimperméabiliser les sols lorsque cela est possible ;
  3. Planter en pleine terre plutôt que dans des espaces contraints ;
  4. Choisir des essences adaptées au climat futur ;
  5. Créer des continuités végétales entre les quartiers ;
  6. Associer les habitants, les écoles, les associations et les acteurs locaux ;
  7. Prévoir un suivi public des plantations : nombre d’arbres plantés, taux de reprise, entretien, arrosage, remplacement si nécessaire.

Cette transparence est essentielle. Une politique d’adaptation ne se mesure pas seulement au nombre d’arbres annoncés, mais à leur survie, à leur utilité réelle et à leur capacité à améliorer le quotidien des habitants.

Une question de responsabilité locale

Face aux projections climatiques, l’enjeu n’est pas d’opposer développement communal et transition écologique. L’enjeu est d’aménager autrement, avec plus de sobriété, plus d’anticipation et plus d’attention portée aux habitants.
La forêt urbaine peut être une réponse sérieuse pour Aixe-sur-Vienne, à condition de ne pas être réduite à un slogan. Elle doit devenir un outil d’adaptation : pour rafraîchir, pour protéger, pour infiltrer l’eau, pour préserver la biodiversité, pour améliorer le cadre de vie et pour préparer la commune aux réalités climatiques de demain.
Planter des arbres aujourd’hui, ce n’est pas regarder en arrière. C’est prendre acte des données disponibles et faire le choix d’une commune plus vivable, plus résiliente et plus attentive à ses habitants.

Canicules, faut-il s'arrêter de vivre ?

Concert Black Hat
À l’épreuve des épisodes de chaleurs extrêmes auxquels nous sommes confrontés, nous nous questionnons sur les modalités de mise en œuvre des événements culturels programmés.
C’est ainsi que nous avons pris le parti de maintenir la fête de la musique mais avec des adaptations circonstanciées : recentrage des animations sur la place René Gillet, aménagement d’une fontaine d’eau en accès libre, offre de produits très frais, etc. L’important ici est de permettre aux Aixois ou aux touristes de passage de participer à des événements rassembleurs.
Concernant la Fête nationale du 14 juillet, nous n’avons pas compris la suppression de la fête des Grèves : Nous comprenons bien que l’arrêté du Préfet supprime le feu d’artifice, mais fallait-il tout annuler ?
Et vous, qu’en pensez-vous ?

Investir pour préserver notre avenir

urbanisme budget canicule investissement

Place de l'église au 1er août 2026
235 400 €, c’est le montant consacré à la transition climatique et au développement durable1 à Aixe. L’effort est louable mais le montant demeure insuffisant au regard des enjeux !
L’adaptation et la lutte contre le réchauffement climatique ne sont plus une option mais une obligation que les événements récents nous rappellent avec insistance !
Il va falloir l’aborder de manière globale et volontariste : planter massivement des arbres pour créer des îlots de fraîcheur, notamment en ville, végétaliser les façades, favoriser les déplacements doux décarbonés, rénover nos bâtiments publics, à commencer par l’école Doisneau...
La tache est importante mais essentielle !
Pour cela, il faudra mobiliser des crédits à la hauteur de l’enjeu, sur le long terme pour lisser notre effort.
Nous accompagnerons cette volonté si elle existe. Nous ferons des propositions pour préserver notre avenir commun.

Anticiper les prochaines canicules

canicule politique

Vagues de chaleur de 1947 à juillet 2026
Pour être conscients que la situation est préoccupante, il faut savoir que cet été était un des plus frais du reste de notre vie1.
En effet, les scientifiques sont formels, les canicules seront de plus en plus précoces, intenses, fréquentes, et longues. Nous avons pu le constater, et il n’y a pas besoin d’être expert pour comprendre qu’à 40 °C, il fait meilleur à l’ombre d’un arbre plutôt qu’en plein soleil.
C’est pourquoi au conseil municipal du 6 juillet 2026, les élus·es de l’opposition ont proposé à l’équipe majoritaire de mener une réflexion collective sur le sujet, avec tous les conseillers et adjoints qui le souhaiteront. L’objectif est d’imaginer des actions simples, rapides et peu onéreuses à mettre en place dès le printemps prochain pour créer des îlots de fraîcheur en centre-ville.
L’équipe municipale semble avoir accueilli favorablement cette proposition, et nous a donné rendez-vous à la rentrée pour commencer à travailler ensemble, pour Aixe.
Le temps n’est plus aux paroles mais aux actes…


  1. Magali Reghezza-Zitt, dans le Grand Entretien, sur France-Inter le 22 juin 2026. 

Coup de chaud dans les écoles publiques !

école canicule

La canicule de juin 2026 a eu raison du fonctionnement des écoles publiques d’Aixe, comme en juillet 2025.
Durant 4 jours, classes ouvertes le matin, fermées l’après-midi, restauration et service minimum d’accueil assurés par la collectivité. Une adaptation présentée comme la solution par la municipalité et saluée par la préfecture1 ?
Des familles en difficulté, des enfants privés d’école. La communication ne remplace pas l’action. Quel autre choix avec des classes exposées au soleil, sans ventilation, où la température a pu atteindre 36 °C ? Alors que les membres du conseil d’école alertaient la municipalité mi-juin, les premières mesures concrètes ne sont intervenues qu’après plusieurs jours de canicule : la municipalité a finalement commandé des ventilateurs, après ceux fournis par l’Association des parents d’élèves, un comble.
Mais ce n’est pas suffisant. Les épisodes caniculaires ne sont plus exceptionnels. La rénovation nécessaire des cours de l’élémentaire n’aura pas d’effet sur la température dans les classes. Il faut de l’anticipation et de l’ambition pour les enfants aixois et pour leur garantir des conditions d’apprentissage dignes et sûres : engager rapidement des travaux (ventilateurs plafond, système d’apport d’air frais, stores extérieurs… ) et réenclencher le plan de rénovation globale de l’élémentaire.
Quelles options seront prises pour 2027 ? Les élus·es d’EPA continueront à porter ce dossier.


  1. Voir la page de la Préfecture de Haute-Vienne à la date du 23 juin sur Facebook, ou celle de la Mairie le lendemain.